Newsletter d’octobre 2026

Ambiance des 3/6 ans – Le langage à travers le monde : 


Pour qu’une année scolaire ait de la fluidité et de la cohérence sur toute une période, nous aimons suivre un thème qui nous permet de faire du lien et d’être le fil rouge de la classe. 

Cette année nous avons choisi le langage à travers le monde. 

Une idée qui s’inscrit directement en lien avec la formation que suit Hélène depuis bientôt 1 an, et pour laquelle elle va recevoir une certification : la langue des signes. 

Nous avons pour projet de faire découvrir aux enfants de nombreuses langues et façons de communiquer tout au long de l’année. Parce que le langage passe par la langue, mais pas que. 

Notre réflexion part certes de la formation d’Hélène, mais aussi d’une envie très profonde d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et leur donner l’appétence de se tourner vers les autres. 

Selon le dictionnaire Larousse, le langage se définit comme la capacité, observée chez tous les êtres humains, d’exprimer leur pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes vocaux et éventuellement graphiques. 

Mais pour moi le langage ne se résume pas qu’à ça. C’est aussi du langage corporel, de la subtilité dans l’interprétation, des ressentis et de l’ouverture d’esprit. 

C’est en introduisant aux enfants de nouvelles langues et les diversités culturelles qu’ils pourront découvrir le monde à leur échelle. 

Nous avons fait appel aux familles qui ont des pays et des langues à nous présenter ; nous avons sollicité l’ONG ESSOR (dans laquelle Hélène travaillait), pour un projet de correspondance avec des écoles d’Afrique et d’Amérique du Sud, et nous animons des ateliers d’anglais et de langue des signes régulièrement. Les chansons de cette année sont aussi articulées autour de ce thème, tout comme le seront nos recettes de soupe. Nous continuons aussi toute l’année nos ateliers philo sur les émotions et la communication non violente. 

Parce que communiquer au sein d’un groupe, c’est aussi une question d’émotion !

Ambiance des 6/11 ans – Le plan de travail : un outil de différenciation au service des apprentissages


Dans la classe de 6-11 ans, chaque enfant a un plan de travail imaginé pour lui. Cette feuille de route permet d’introduire des temps individualisés et ainsi de prendre en compte l’hétérogénéité, inévitable dans une classe allant du CP jusqu’au CM2! 

Cette approche offre aux enfants la possibilité d’avancer à leur propre rythme et de mesurer leurs progrès. Par matière, une suite d’activités en nombre variable est listée en fonction de leur niveau, de leur capacité d’autonomie et de leur rapport aux apprentissages. Sur des temps d’ateliers autonomes, les enfants choisissent les activités et la manière dont ils les réalisent. 

Une séance de plan de travail permet aux élèves de travailler de manière individuelle mais aussi de se retrouver autour de besoins communs. Ils échangent alors sur leur façon de résoudre telle ou telle situation ou encore de mémoriser telle ou telle action ou connaissance. Les richesses de l’hétérogénéité sont alors bien plus efficaces que les ressources du seul éducateur.

Dans cet esprit, la mise en avant du tutorat, en formant les enfants à s’entraider, participe à la cohésion du groupe, leur donne davantage de confiance en eux et d’autonomie. Ils deviennent maîtres de leurs apprentissages et apprennent à travailler ensemble.

Cela développe fraternité et altruisme, des valeurs que nous souhaitons transmettre à ces adultes de demain.

Le plan de travail complète et enrichit des séances d’apprentissages dispensées en fonction de l’avancée des enfants et de leur tranche d’âge afin que chacun puisse accéder aux savoirs et compétences du socle commun.

Nous pouvons avancer à notre rythme et sur notre propre chemin, tout en se tenant la main…


Collège – Les outils informatiques


Au collège, les ressources documentaires étant limitées, les élèves sont amenés à utiliser des ordinateurs pour effectuer des recherches sur différents sujets, en fonction des projets en cours. Ils sont encouragés à d’abord rechercher des informations dans les documents physiques présents au collège et les enseignants font appel aux bibliothèques municipales pour emprunter des œuvres en lien avec les thématiques étudiées.

Cependant, les informations ont souvent besoin d’être complétées par une recherche sur Internet, notamment dans le cadre de projets transversaux. Les compétences liées à l’usage sécuritaire des outils informatiques font d’ailleurs partie du socle commun que nous devons transmettre à nos élèves.

ILes outils informatiques sont actuellement en pleine révolution avec l’avènement de l’IA, notamment des LLM (Large Language Models), maintenant souvent intégrés aux navigateurs Internet par défaut. C’est pourquoi la compréhension du fonctionnement de ces nouveaux outils devient essentielle pour les élèves, futurs citoyens, puisque ceux-ci risquent de devenir omniprésents. Sans entrer dans les questions éthiques complexes que cela soulève, les actualités récentes démontrent bien que ces nouvelles technologies comportent leur lot d’opportunités et de risques. Notons que dans le cadre de leurs recherches au collège, l’usage de l’IA est optionnel et non obligatoire. Il est encore possible de visiter des sites web tout simplement.

Les élèves doivent tout de même comprendre comment fonctionne un LLM. Ils doivent par exemple savoir que c’est un outil statistique qui fait des erreurs et que, par conséquent, ils ne peuvent pas s’y fier entièrement. De plus, nous devons utiliser une méthodologie qui évite le principal écueil lié à leur usage : l’impression de ne devoir rien apprendre, puisque l’outil semble posséder toutes les connaissances et que celles-ci sont accessibles en quelques clics…

En réalité, ces nouveaux outils bouleversent profondément le système éducatif. Le modèle scolaire traditionnel a, en partie, été construit dans un monde où l’information était difficile à obtenir. Les élèves devaient donc mémoriser une quantité importante d’informations simplement parce que leur accès demandait considérablement d’efforts et de temps. L’IA change radicalement la donne.

Sauf que, en réalité, l’efficacité de ces outils dépend en grande partie des connaissances de l’utilisateur ! Par exemple, si un enfant de 5 ans s’intéresse à l’astronomie et observe le ciel : il y verra des points lumineux. Si un astrophysicien, qui comprend l’énergie et la thermodynamique, regarde le même phénomène, il y verra l’évolution stellaire et des effets gravitationnels ! Ce dernier sera à même de formuler des questions beaucoup plus pertinentes sur le sujet. L’IA n’élimine donc pas la valeur des connaissances ; d’une certaine manière, elle rend les connaissances de base encore plus importantes, car ce que nous savons détermine ce que nous remarquons et ce qui éveille notre curiosité. Les citoyens de demain doivent apprendre à utiliser efficacement ces nouveaux outils et ne doivent surtout pas en dépendre !

C’est pourquoi nous avons développé la méthodologie suivante lorsque les élèves font des recherches sur Internet et choisissent d’utiliser l’IA. Lorsqu’ils ont identifié et fait valider une question de recherche, ils doivent impérativement poser à l’écrit : ce qu’ils savent déjà, ce qu’ils pensent être la réponse (au moins deux hypothèses) et ce qu’ils ne comprennent pas. Ensuite, on demande de l’aide à l’IA et non la réponse ! Par exemple, au lieu de demander : « Pourquoi les dinosaures ont-ils disparu ? Donne-moi la réponse. », on demande : « Je cherche à comprendre pourquoi les dinosaures ont disparu. Ne me donne pas encore la réponse. Pose-moi des questions qui vont m’aider à étudier le problème. » De cette façon, l’outil devient un partenaire de réflexion et non une machine à donner des réponses. Enfin, ils devront vérifier les sources, en visitant les sites web utilisés par l’IA, et synthétiser leurs réponses à l’écrit.

En utilisant cette méthodologie de recherche, grâce à laquelle les capacités de réflexion sont continuellement sollicitées, on augmente considérablement la compréhension et la mémorisation des nouvelles informations. Effectivement, si nous recopions une réponse toute faite par une IA, nous n’aurons rien appris ; la recherche est sans équivoque sur ce point. D’où cette règle essentielle en classe : « Si l’IA l’a écrit, tu dois être capable de l’enseigner. »

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