Plan Large : comment poursuivre ?

Comment poursuivre ?

 Un soir d’automne au Grand Rex à Paris. Une soirée « Cultivons notre confiance » avec des invités incroyables, tous plus inspirants les uns que les autres ; une soirée dont on repart boosté, gonflé d’espoirs et de projets. Un peu transformé.

Une soirée qui m’a permis de me dire : « il faut poursuivre, continuer sur des chemins de traverse, inventer sa vie et son travail, transmettre aux enfants ».

Je ne savais pas encore que cette soirée serait le point de départ d’une rencontre et d’une grande amitié.

Tu es arrivé sur scène avec ton sourire et ton charisme, pour évoquer ton film, ta rencontre avec Satish Kumar (présent à tes côtés ce soir-là), ta vision du monde. Tu étais là pour transformer les imaginaires. Dans le train de retour, j’ai visionné « En quête de sens » et je me suis abonnée à la Newsletter de La Kambrousse, lieu que tu avais créé dans les Deux Sèvres et sachant que nous étions « voisins ».

A partir de là, je t’ai suivi de loin jusqu’au jour où tu annonçais l’organisation du premier stage de 5 jours en permaculture avec Perrine Bulgheroni de la ferme du Bec Hellouin (autre personne très inspirante pour moi). Sans beaucoup d’hésitation je m’y suis inscrite.

Lorsque je suis arrivée (avec quelques minutes de retard), tu es sorti m’accueillir avec un grand sourire et tu m’as dit : « C’est vous l’école ? » Eh oui, c’est moi. « Nous avons beaucoup de choses à nous dire ».

Ce fut le début de nombreuses rencontres, d’échanges et d’une amitié profonde : ta présence généreuse aux 10 ans de l’école lors de la projection de ton film, le projet d’une école à créer près de la Kambrousse, une promenade dans la forêt avec un chaman indien, une rencontre fortuite, à nouveau auprès de Satish Kumar à Paris… Ces moments de partage.

Samedi dernier je t’ai appelé mais tu n’as pas décroché ; j’ai laissé un message : avoir des tes nouvelles…, savoir comment tu avais vécu ta dernière chimio… quand allais-tu revenir à la Kambrousse pour que je vienne t’y rejoindre ; je voulais y croire, je devais y croire. Tu ne m’as jamais rappelé : tu es parti samedi soir.

Après deux jours de sidération et deux nuits sans dormir, c’est la colère qui a commencé à m’envahir : pourquoi une personne si inspirante, si lumineuse, si jeune, partait ainsi de façon si violente. Toi qui me disais encore il y a un mois que ça allait aller, que tu allais surmonter cette épreuve que l’Univers t’envoyait (« un cancer ! Ce n’était pas dans le pattern, mais l’Univers est joueur ») et que tu avais un nouveau projet de film. Cette colère, cette injustice d’imaginer ton petit Côme grandir sans son père. J’ai lutté contre, sachant que tu n’aurais pas voulu que cette émotion prenne le dessus ; sachant que tu croyais à quelque chose de plus grand.

Et puis, j’ai cherché du sens aux départs si soudains, si brutaux et beaucoup trop précoces, d’êtres lumineux comme toi. Peut-être pour nous rappeler ce en quoi tu croyais ? Pour remplir le silence, des messages que tu laisses. Nous ramener à la Vie ici et maintenant. A la beauté. A prendre le temps de se relier à la Nature plutôt que de courir, à cultiver son jardin extérieur comme intérieur, à exploser de joie à la sortie d’une vague. Parce que la vie est là. Et qu’elle se prolonge ensuite.

Alors je me suis passée en boucle le film du temps passé ensemble, essayant de rattraper chaque instant, chaque mot.

Tu disais souvent qu’il était important d’être dans le flow, et tu savais de quoi tu parlais, toi qui aimais surfer les vagues de l’océan. Cet état de grâce suspendu entre le ciel et l’eau, lorsque l’énergie pure te propulse en avant et que tu fais corps avec les éléments. Minutes d’éternité. Respiration de la mer.

« La vie est trop belle, trop savoureuse et trop précieuse pour abandonner entièrement la question de son sens à quelques philosophes exclusivement rationalistes ou matérialistes. (…) j’aimerais te donner l’envie d’en faire l’expérience. De les éprouver. De les vivre dans ton corps (…) » 

Voilà ce que tu écrivais. Et c’est ce que j’ai fait à tes côtés : j’ai ressenti la joie d’être en lien avec la terre, la joie d’Etre au monde. De me ré-initialiser. En tous cas, tu portais sacrément bien ton prénom !

Tu ne donnais jamais de leçon, ni de réponses toute faites. A nos questionnements, lors de nos échanges, tu posais un regard doux, profond, pleinement là et nous partagions nos expériences, nos idées, nos pensées. Jamais dans le jugement. Tu souriais et tu terminais souvent par un trait d’humour dont tu n’étais jamais dépourvu. Mallory disait de toi que tu étais « venu éclater les gens » … dans tous les sens du terme.

J’aurais mille choses à te dire, mais je les poserai dans les pages de mon carnet.

Alors Marco, poursuis ta route au-delà de cette incarnation ; je poursuivrais la mienne dans ton sillage. Je garderai ton sourire au fond des yeux et je ferai de mon mieux pour, malgré toute ma peine et au milieu des poussières d’étoiles, trouver mon Nord, et distiller des perles de Joie. Tu seras posé sur mon épaule.


Ambiance des 3/6 ans : l’importance des rituels   

Pour un jeune enfant, les repères représentent toute la stabilité et la sécurité dont il a besoin. C’est pourquoi, dans l’ambiance des 3-6 ans, des rituels sont présents tous les jours au même moment afin que l’enfant se repère dans sa journée et puisse prendre petit à petit conscience du temps. 

Dans notre emploi du temps, les lundis sont consacrés à nos ateliers philosophiques, les mardis au repas en silence, les jeudis en forêt et les vendredis aux ateliers d’anglais. Les enfants peuvent donc retenir facilement le jour grâce aux temps forts de leur journée. 

L’accueil dans l’entrée le matin est un moment déterminant pour le reste de la journée. Nous mettons un point d’honneur à accueillir chaque enfant dans la douceur et la considération. 

Tous les matins, l’arrivée se fait entre 8h50 et 9h. Hélène et Audrey se placent dans l’entrée et dans la classe. La première salue chaque enfant et aide la transition avec les parents et la deuxième regroupe tout le monde autour de l’ellipse pour partager un moment de calme, de discussion ou d’écoute musicale. 

Tous les matins, et ce, depuis cette année, nous avons mis en place des ateliers de réveil musculaire. Donc une fois 9h arrivée, tout le monde se dirige vers la salle de réfectoire, pour faire du yoga, de la motricité ou de la coordination. A la fin de chaque atelier, nous prenons tous un temps pour respirer et revenir au calme afin de commencer les activités et les apprentissages. 

Les regroupements de fin de matinée sont aussi là pour instaurer des rituels et prendre le temps de partager un moment tous ensemble. Nous faisons un rappel de la date et de la météo, et nous terminons par une chanson. 

Les enfants sortent ensuite en récréation avant d’aller manger leur repas. 

Pour les rituels de l’après-midi, les enfants vont soit à la sieste, soit en méditation/lecture pour ensuite continuer leurs activités, jusqu’au prochain regroupement et à la grande récré. 

Ambiance des 6/11 ans : sortie cohésion

Pour notre première journée d’école dehors, mardi 8 septembre, nous avons réalisé une sortie près de Port d’Envaux et Crazannes.

La journée a débuté par une visite des Lapidiales. Situé dans d’anciennes carrières, il s’agit d’un musée à ciel ouvert. Nous y avons découvert des bas-reliefs, sculptés par des artistes venant des 5 continents depuis 2001.

Par petits groupes, les enfants ont parcouru ce lieu étonnant et ont pu laisser leur imaginaire interprété les œuvres en prenant des indices. Leur curiosité, leur lien avec leurs connaissances sur les différentes cultures et sur les grandes préoccupations humaines les ont beaucoup aidés. Cela a été l’occasion d’aborder des sujets très variés, de rire et de s’émerveiller !

Nous avons aussi eu la chance de s’imprégner de poésie du Moyen-Orient au travers d’une exposition temporaire. Certains enfants volontaires nous en ont offert une lecture émouvante. Un peu plus loin, nous avons pu voir à l’œuvre, sculpteurs et sculptrices provenant de cette région du monde.

Après s’être restaurés, défoulés un peu et essayé à la sculpture sur pierre, nous avons poursuivi notre escapade par une randonnée de 2 km vers le site de La Galaxie des pierres levées.

Ce vaste espace parsemé de 365 mégalithes, disposés en forme de galaxie (une branche par continent) rappelle les mystérieux et mythiques lieux ancestraux tels que Stonehenge ou Carnac. Chaque année, des mégalithes nus sont remplacés par de somptueuses sculptures réalisées par des artistes venant des quatre coins du monde. Les enfants ont pu, en binôme, parcourir ce lieu afin de rechercher des sculptures à partir de photographies. Et ensuite, les replacer sur un plan du lieu. Ce fut l’occasion de développer leur sens de l’observation et de l’entraide.

Cette journée culturelle, nous a permis de donner de l’élan notre thème de l’année : le voyage. Nous avons débuté ce projet en classe dès la rentrée par un voyage intergalactique. En effet, avant de voyager à travers les différents continents, nous explorons les confins de l’univers pour comprendre d’où vient la Terre qui nous abrite.

Plus encore, cette sortie a été l’occasion de créer une cohésion dans le groupe classe qui comporte quelques nouveaux élèves. Sortir du cadre de l’école, explorer, marcher, s’émerveiller, tout cela est l’occasion d’échanger et de se découvrir entre enfants. Nous avons veillé à ce que les enfants se mélangent car il suffit parfois d’un petit pas de côté, d’un regard qui change pour mieux comprendre ceux que l’on fréquente sans vraiment connaître.

Respect, entraide, bienveillance, voici qu’une classe unie a à offrir à chacun.

Bon début d’année scolaire à tous ! 

Collège : la pédagogie par projet

En cette rentrée 2026, la pédagogie utilisée au collège évolue quelque peu. Nous nous inspirons toujours principalement des pédagogies actives développées par Célestin Freinet et Maria Montessori et adaptons notre enseignement en fonction de l’humain, c’est-à-dire, du groupe d’élèves que nous avons en face de
nous, de la composition de la classe. Ainsi, la pédagogie n’est pas figée et est amenée à évoluer au fil des années pour répondre au mieux aux besoins spécifiques des enfants et du groupe classe.

Cette année, nous avons voulu mettre l’accent sur les projets transversaux et l’interdisciplinarité. Ce type de projet permet de travailler des compétences transversales et de prendre conscience qu’un objet d’étude peut être appréhendé de plusieurs angles, selon la discipline que nous pratiquons. L’objectif est que les élèves acquièrent suffisamment de méthodologie pour pouvoir, par la suite, être en mesure de choisir un sujet de recherche, d’identifier des problématiques et de concevoir un travail de restitution pour que les nouvelles connaissances profitent à l’ensemble de la classe.

Ainsi, à chaque grande période scolaire (entre deux périodes de vacances), un grand projet interdisciplinaire sera mené et viendra se superposer aux enseignements fondamentaux par matière. En cette première période, les enfants sont invités à découvrir les grandes pyramides du plateau de Gizeh. Ce premier projet est guidé
de très près et permet d’acquérir la méthodologie nécessaire à ceux qui suivront. Entre autres, l’apparition et l’évolution de l’écriture sont abordées en histoire, l’ancienne Mésopotamie en géographie ; des éléments politiques et culturels sont étudiés, en fonction des niveaux de chacun. En science, les élèves en profitent pour apprendre des notions de géométrie et de proportionnalité puisqu’ils réaliseront une maquette à l’échelle du plateau de Gizeh. En langues étrangères, le champ lexical est exploré et des documentaires sont visionnés. Enfin, les projets de restitution (exposés, podcasts, saynètes, etc.) sont l’occasion d’approfondir ses capacités rédactionnelles en français, de travailler la grammaire et l’orthographe. De plus, nous souhaitons que ces travaux de restitution puissent être vus par les familles et amis des élèves. Un goûter partagé sera ainsi organisé à chaque fin de période pour que les enfants puissent partager ce qu’ils ont appris et être fiers de leur travail !

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