La newsletter de juin 2026

PLAN LARGE : L’amnésie environnementale

42°C à l’ombre depuis quelques jours. Et l’on se surprend à espérer un 30°.

Pourtant hier, 30° était considéré comme une canicule. Cette chaleur fait la une des JT, exposant les solutions (brumisateurs, climatisations, rester enfermé chez soi, boire de l’eau…), interrogeant les gens sur leurs « petits trucs » pour supporter ce phénomène. Phénomène qui va devenir la norme comme le disent et le répètent les scientifiques depuis des années.

De nombreuses écoles sont fermées ; la nôtre permet d’accueillir les enfants grâce à la climatisation de certaines salles ; climatisation qui a un impact sur le climat !

J’observe les enfants : pour eux, il fait chaud. Ils sont plus fatigués, plus énervés, moins concentrés (et c’est bien normal) mais ils acceptent. Ils trouveront cela banal dans quelques temps. Nous glissons vers une évolution neurologique qui est appelée « shifting baseline » (théorie du professeur Daniel Pauly) ou amnésie environnementale.

Chaque génération va s’acclimater à ce qu’elle connaît. Il y a bien les histoires que racontent nos parents ou nos grands-parents, mais ce n’est pas réel. Nous ne l’avons pas vécu. Dans mon enfance, les pare-brises étaient pleins d’insectes l’été ; nous courions, mon frère et moi, après les crevettes dans les flaques à marée basse ou après les lucanes cerf-volant dans notre jardin. Aujourd’hui je n’en vois plus un seul.

Chaque génération s’habitue à ce qu’elle voit : elle s’habitue à la disparition du vivant, à la chaleur, aux flaques vides à marée basse, aux fonds des océans désertiques. Elle ne se rend compte que des destructions qui ont eu lieu au cours de sa vie. Le monde se transforme et nous l’oublions. Notre référence se déplace, se transforme, et nous oublions les pertes précédentes. « On s’habitue au vide » comme le crie Claire Nouvian de l’association Bloom.

Si les enfants grandissent sans savoir, alors ce sera normal pour eux. Nous devons leur présenter ce qu’était le monde et ce que serait cette terre si on la préserve, comme c’est encore le cas dans certaines réserves du monde : la vie revient ; la vie se développe. Se reconnecter à nos émotions afin de se souvenir.

Eveillons les enfants à ce qu’était le monde d’avant, aidons-les à l’imaginer afin de transmettre la connaissance et de ré-enchanter LEUR monde. Afin qu’ils n’oublient pas.

Cécile

Ambiance 3/6 ans : Une rentrée adaptée : l’accueil des nouveaux en douceur 

Chaque année, à l’école pour la classe des 3-6 ans, les enfants n’arrivent pas tous en même temps. Les nouveaux élèves font généralement leur entrée avant les autres, accompagnés de quelques enfants du groupe de l’année précédente. Mais pourquoi cette organisation ?

Pour favoriser une arrivée plus sereine et une immersion progressive dans le groupe, nous accueillons les nouveaux enfants deux jours avant les autres. Ils commencent par une matinée, puis une journée complète.

Pendant cette période, nous leur proposons un accompagnement personnalisé pour les aider à assimiler les règles de la classe et à gérer leurs émotions.

Certains enfants du groupe, que nous appelons « les enfants qui savent », sont invités à apporter leur soutien. Ils endossent le rôle de tuteurs et se rendent pleinement disponibles pour faciliter l’intégration des nouveaux dans leur environnement

Pour les adultes, ce moment privilégié avec un groupe restreint permet aussi de se consacrer entièrement à la transition du matin avec les parents. Les émotions trouvent ainsi leur place, ce qui aide les enfants à accepter ce grand changement qu’est la rentrée scolaire.

Deux jours plus tard, le groupe entier se réunit. Les nouveaux élèves ont déjà pu se familiariser avec leur environnement, tandis que les anciens prennent le temps de faire leur arrivée et de découvrir ces nouveaux visages. Le programme est généralement rythmé par des activités de cohésion pour souder le groupe et apprendre, petit à petit, à vivre ensemble..

Ambiance 6/11 ans : 1 kilomètre à pied… !!

Que ce soit pour découvrir notre territoire, pour éveiller notre regard au monde qui nous entoure, pour cultiver le goût de l’effort ou encore pour tisser des liens forts entre pairs, la marche est un baume pour le cœur et le corps alors rien de mieux que d’y prendre goût dès le plus jeune âge !

C’est dans cet esprit que nous avons initié nos jeunes recrues à la randonnée. Et que de plaisir ! À la fin de l’été, picorer les mûres et les figues le long du chemin. Au cœur de l’automne, faire crisser les feuilles jaunies sous nos pas, faire craquer la glace dans les flaques, saisi par la fraîcheur de l’hiver et se réchauffer en courant d’une trace de sanglier à un colombin de renard, humer les fleurs le long des chemins au printemps !! On ne s’ennuie jamais quand on marche à l’affût de ce qui nous entoure !

Cette activité simple et accessible à tous renforce les liens et l’entraide au sein de la classe. Elle invite avec bienveillance les enfants à se surpasser et elle nourrit la confiance en soi. Quelle immense fierté les enfants partagent lorsqu’ils reviennent, éreintés mais heureux, d’une marche de 11 km dans la campagne !

Alors, pour conclure en beauté, en cette fin d’année, c’est au cœur de la forêt de Mervent, le long de La Vendée, que nous partons user nos semelles. Et, comme la marche est formidable à tout âge, cette fois-ci, nous ferons une randonnée intergénérationnelle. Parents, grands-parents, oncles ou tantes seront de la partie pour partager un moment fort à crapahuter sur les sentiers.

Rendons hommage à nos origines nomades et marchons !

« Prendre son temps est une subversion du quotidien. Anachronique dans un monde privilégiant la vitesse, la marche est un acte de résistance célébrant la lenteur, la disponibilité, le silence, la curiosité, l’inutile […] Le marcheur est celui qui prend son temps et ne laisse pas le temps le prendre. » 

David Le Breton, auteur de “L’éloge de la marche”

Collège : Voyage scolaire au Petit Canada

Du 10 au 12 juin 2026 les élèves ont pu découvrir le Petit Canada, un magnifique centre équestre situé en Corrèze sur le plateau des Millevaches. La nature, forêt de sapin Douglas et grands lacs, rappelle effectivement des régions du Canada sauvage !

Le voyage était axé sur le développement des compétences d’organisation et de coopération pendant le séjour en camping et la découverte de l’équitation western pratiqué dans ce centre équestre. Les enfants, guidés par un cow-boy chevronné, M. Bertrand Collinot, et une cow-girl en devenir, Maëliss Crottereau, ont eu l’occasion de découvrir comment interagir avec le cheval dans une relation de respect mutuelle et de coopération.

En équitation western, nul besoin de « forcer » le cheval à obéir, on l’écoute et travaille avec lui. Même les plus réticents au départ ont fini par se prendre au jeu et monter sur ces magnifiques « paint horses ». Deux séances d’équitation par demi-groupes ont eu lieu pendant le séjour.

Nous sommes aussi allés randonner et faire la visite d’une tourbière, située non loin du centre équestre et contenant une variété impressionnante de plantes typiques de cet écosystème fragile, dont la linaigrette, qui possède des fleurs ressemblant à du coton ! Enfin, nous sommes allés pique-niquer sur les berges du lac de Viam et les enfants ont pu faire trempette avant de prendre le chemin du retour. Un très beau voyage, nous pourrions même, dans le futur, en faire une tradition !

Merci au Petit Canada pour leur superbe accueil !

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L'Envol - Ecole & Collège - RECRUTEMENT

Enseignant(e)s collège matières scientifiques & litéraires - Educateur(trice) classe 6/11 ans