La newsletter d’octobre 2025
L’ambiance 3-6 ans : les émotions.
S’il y a bien un apprentissage qui nous suit toute notre vie, c’est celui des émotions et de leur gestion. C’est pourquoi dans l’ambiance des 3-6 ans, le psychosocial est au cœur de nos valeurs. Au travers d’ateliers philo ou de discussions autour des résolutions de conflit, on en apprend plus sur nous, sur nos émotions, ce qu’elles nous font vivre et la manière dont elles transforment notre journée.
Pendant les ateliers philo, on nomme les émotions “principales” (colère, joie, tristesse et peur), on décrit ce que ça produit dans notre corps et on débat sur la manière de les exprimer au sein du groupe. Il y a des émotions plus positives que d’autres, qui demandent moins de rigueur et d’énergie. Il y en a qui prennent le contrôle de nos gestes ou de notre parole, qui nous font ensuite ressentir de la culpabilité ou de la honte.

Mais chaque émotion a sa place, et des outils peuvent nous aider à les accueillir, les laisser nous traverser, pour ensuite revenir à un état de sérénité. Les enfants nous ont proposé des alternatives à l’expression des émotions dites “négatives”.
Pour la colère, quand nos poings se serrent et que notre mâchoire se crispe, on peut demander à un adulte de nous aider à nous défouler, on peut prendre un coussin, aller dans l’entrée et taper dessus pour que mon geste ne soit tourné vers autrui ; on peut aller dehors et crier très fort, etc.
Pour la peur, on peut essayer d’exprimer ce qu’il se passe et communiquer sur l’origine de notre peur pour que quelqu’un nous aide à la surmonter. Pour la tristesse, on peut chercher du réconfort auprès d’un camarade ou d’un adulte, en lui faisant un câlin.
Nous avons aussi mis en place des pots à émotions, avec des papiers de couleurs, pour qu’un enfant qui n’a pas envie d’exprimer à haute voix ce qu’il ressent puisse la renfermer et la laisser dans un coin de la classe.
En somme, nous avons tous le droit de ressentir et d’exprimer nos émotions, mais il faut aussi composer avec le groupe et la vie en communauté. C’est pourquoi nos gestes et nos paroles (même dans un état émotionnel fort) ne peuvent pas être tournés vers autrui ou vers soi.
Ambiance 6-11 ans : Rencontre avec la mort… joyeuse
Nous avons eu la chance, il y a une dizaine de jours, d’être accueillis dans la grange de la Motte Aubert par une artiste singulière ; lieu à la fois étrange, feutré, chargé d’histoire et néanmoins magnifique.
Laure nous attendait tel un gardien d’un univers entre le réel et l’imaginaire.

Elle a présenté aux enfants son spectacle, encore en répétition, « Fête des morts. Fête de la vie ».
Occasion d’aborder ce sujet souvent tabou de la mort, mais avec un biais joyeux, comme dans beaucoup d’autres sociétés.
D’étranges personnages se sont succédé, tantôt drôles, tantôt plus inquiétants, sans pour autant heurter la sensibilité des enfants, car ils prenaient corps devant leurs yeux et avec l’appui de la parole et des explications de Laure.
Un dialogue s’est instauré entre l’artiste et les jeunes, entrecoupé d’extraits du spectacle. Se sont alors invités sur les bancs de la grange, les grands-parents disparus, les anciens de leurs familles connus ou décédés avant leur naissance, évoqués par les enfants.
Ce fut un moment suspendu et nous remercions encore Laure pour ce temps qu’elle nous a accordé : c’est aussi ça la magie de La Motte Aubert : ces rencontres inattendues avec l’art, avec la Vie.
Intervention de professionnels en assurance au Collège.
Le mercredi 22 octobre dernier, notre professeur de science, M. Gregory Vial, a pris l’initiative d’inviter l’une de ses anciennes élèves en esthétique, formée au centre de formation Matile de La Rochelle. Elle est venue, accompagnée d’un collègue, pour nous présenter le métier de courtier en assurance, puisqu’elle opère en ce moment une conversion professionnelle.
La fin de la 3e au collège correspond à la fin de la scolarité obligatoire en France. Cela signifie que certains jeunes pourront faire le choix d’entrer directement sur le marché du travail ou encore de faire une formation en alternance au sein d’une entreprise. Ils ont aussi la possibilité de faire des stages de découverte en entreprise tout au long de l’année. Il est donc intéressant et pertinent que des professionnels puissent intervenir au collège pour parler de leur métier et de leur parcours. Cependant, cette intervention cachait un deuxième objectif, compte tenu du parcours particulier de cette personne.
En effet, la présentation de l’entreprise d’assurance et du métier de courtier fut ponctué du récit du parcours de vie de cette jeune femme, qui partage plusieurs points en commun avec certains de nos élèves. Elle nous a expliqué qu’elle était atteinte de dyslexie, de dysorthographie et de dyscalculie.
De plus, à son entrée au collège, elle a eu un problème aux genoux qui l’a contraint à l’usage d’un fauteuil roulant. Elle nous a expliqué qu’à cette époque, toutes ses difficultés étaient très difficiles à accepter, qu’il lui semblait injuste de devoir passer deux fois plus de temps que ses camarades à faire ses devoirs tous les soirs. Mais qu’elle a su persévérer, en grande partie, puisqu’elle a eut la chance d’être entourée de personnes qui ont cru en elle (famille, amis, enseignants, etc.).

Ainsi, aujourd’hui, après avoir fait cinq années d’études en esthétique, ayant trois diplômes en poche, elle se lance dans une nouvelle aventure dans le domaine de l’assurance, en se formant en alternance. Le message que nous souhaitions faire passer est qu’il n’y a pas de fatalités, même pour celles et ceux qui ont des difficultés qui peuvent rendre l’apprentissage plus fastidieux.
De plus, au vu des évolutions rapides et des transformations profondes du monde du travail, les professionnels d’aujourd’hui et de demain seront, pour plusieurs, amenés à exercer plusieurs métiers au cours de leur carrière, ce qui est d’ailleurs plutôt encourageant et riche pour l’évolution personnelle !
Alors, un gros merci à Gregory d’avoir organisé leur venue et merci aux intervenants d’avoir pris le temps de parler à nos collégiens !
