PLAN LARGE : liberté et discipline

Selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui »  : mais qu’est-ce que veut dire être libre ? Vaste sujet philosophique qui ne trouvera pas qu’une seule réponse et surtout pas dans ces lignes.

La liberté est souvent perçue comme l’absence de contraintes, une quête où chacun serait libre de ses choix et de ses actes. Cependant, cette vision mène rapidement à des désordres et des débordements entraînant le chaos.

Or être libre, ce n’est pas l’absence de contraintes. Être libre, c’est ne pas être sous l’emprise d’une tierce personne qui imposerait par la force, sa tyrannie, mais c’est aussi ne pas être sous l’emprise de ses propres désirs ; pouvoir réfréner ses envies, ses pulsions. C’est donc développer sa volonté et sa discipline propre.

La discipline ne sera alors pas vue comme une entrave ou une restriction à la liberté, mais comme un cadre dans lequel elle va pouvoir s’exprimer.

D’un point de vue personnel, la discipline permet de nous surpasser et de surmonter les obstacles. Elle nous aide à résister aux tentations qui pourraient nous dévier de notre route et des objectifs que nous souhaitons atteindre. 

Dans l’éducation, la discipline est indispensable pour structurer les apprentissages et développer les compétences des enfants. Ainsi ils pourront ensuite exercer peu à peu leur liberté de façon responsable et consciente. Cette discipline procure également un cadre sécurisant indispensable à la construction de l’enfant.

Ainsi la liberté et la discipline ne sont pas antinomiques mais sont des alliées l’une de l’autre ; l’une complétant l’autre afin de créer un espace où l’autonomie individuelle peut s’exprimer.

L’ambiance 3 / 6 ans : la table à dessin et la table de création

Dans la pédagogie Montessori, l’Art occupe une place toute aussi importante que les autres apprentissages. A travers sa pratique, l’enfant du premier plan (de 0 à 6 ans) développe certes sa créativité mais également sa motricité fine et globale sans même s’en rendre compte ! Pour cela, la classe dispose d’un espace aménagé et réservé au bouillonnement artistique de ces petits génies créateurs…

Le matin, place à la table à dessin ! Comme son nom l’indique, les enfants peuvent s’y installer tout à tour pour ainsi réaliser leur plus beau dessin façon Michel-Ange pour certains, ou bien Picasso pour d’autres (oui, oui, rien que ça !). Des feuilles et des crayons de couleurs sont alors mis à leur disposition.

Quand vient l’après-midi, la table à dessin se transforme en table de création. Cette fois-ci, les enfants sont amenés à laisser libre cours à leur imagination.

Et ce ne sont pas les idées qui manquent lorsqu’ils se retrouvent au beau milieu d’une diversité de matériaux (bouts de ficelle, laine, boîtes d’œufs, cartons, petites branches, feuilles d’arbres, … etc) avec comme outils des paires de ciseaux, de la colle et … leur créativité.

Disponible tous les jours et en accès libre, une règle leur est cependant demandée : un enfant à la fois. Les autres peuvent venir observer sans dire un mot pour ainsi ne pas déranger celui ou celle qui compose. Cela permet à l’esprit créateur de se concentrer et parfois même de se recentrer sur soi. Un temps, une respiration prise pour soi. Le début d’une méditation en pleine conscience ?

L’ambiance 6 / 11 ans : le cahier de calcul Freinet

Lors des moments de travail autonome, les enfants ont la liberté de choisir sur quel support ils vont travailler. L’un d’entre eux, très apprécié des enfants, est le “cahier bleu” ou cahier de calcul.

Ce cahier de calcul est issu d’une œuvre collective réalisée et écrite sous la coordination de l’ICEM-Pédagogie Freinet.

Il permet un apprentissage de techniques de calcul basées sur une connaissance approfondie du nombre. Ainsi, les techniques opératoires proposées sont variées et adaptées aux modes de raisonnement des enfants.

Décliné du CP au CM2, le cahier permet la progression de chacun à partir de son niveau réel et à son rythme personnel. Il est individuel et autocorrectif.

A l’intérieur, le procédé est balisé et s’inscrit dans un rituel de travail. Les exercices sont sans consignes écrites, ce qui oblige l’enfant à comprendre l’exemple donné dans le premier exercice et à en déduire ce qu’il doit faire.

Plusieurs séries d’exercices se succèdent et doivent être réalisées en autonomie par l’enfant, sans effacer ses tâtonnements ou ses erreurs permettant de comprendre ses difficultés. Dans cet esprit, les auto-corrections se font au fur et à mesure, en s’appuyant sur les erreurs commises. Enfin, à l’issue de chaque série, un test vient valider le travail entrepris et inviter à la série suivante. Celui-ci est corrigé par l’enseignant.

De quoi dédramatiser l’erreur, la rendre visible pour mieux l’utiliser en vue de la dépasser !

Le collège : plantation d’arbres au collège

En lien avec les projets en pédagogie par la nature menée par Cécile, nous avons entrepris la plantation d’une vingtaine d’arbres, fruitiers et autres, dans l’espace champs du collège.

La semaine dernière les enfants, armés de pioches, de bêches et de pelles, ont vaillamment entrepris de creuser vingt trous de 50 cm de côté et de profondeur, pour pouvoir y planter des arbres.

Après avoir enlevé et mis de côté les vingt centimètres de terre meuble, ils ont vite compris l’ampleur du chantier en découvrant l’importante couche de pierre au travers de laquelle ils devraient passer !

Néanmoins, leur détermination est forte et l’objectif de créer une micro- « forêt comestible », de pouvoir un jour tendre le bras assis sous un arbre et croquer à pleine dent dans un fruit juteux, leur a suffi à redoubler d’entrain ! Blague à part, ce travail de la terre est une occasion en or pour travailler la persévérance, le rapport aux difficultés et surtout la récompense différée !

Notre société de consommation nous apprend très jeune à rechercher le plaisir immédiat dans tout ce que nous faisons. Ce phénomène est fortement amplifié par l’usage des écrans et des réseaux sociaux, que l’on pourrait plus justement appeler des « capteurs d’attention », qui selon de récentes études, sont en grande partie responsables de la fréquente apathie de nos jeunes et de leur incapacité à fournir des efforts lorsque la « récompense », sous forme de dopamine, n’arrive pas immédiatement, lorsqu’elle est donc, différée.

Ainsi, la pédagogie par la nature est une lutte active contre ce phénomène, lorsque l’on sème des graines il faut de la patience pour un jour profiter du fruit de notre travail. C’est exactement, ce que nous projetons de faire avec notre deuxième grand projet : le montage de notre serre et la création d’une micro-pépinière au collège. Ces projets s’inscrivent aussi dans une dynamique d’autonomisation ; apprendre à se nourrir en travaillant la terre est un savoir-faire qui nous paraît essentiel, et de plus, nous travaillons plusieurs compétences, en sciences et en technologie, qui font partie du socle commun que les enfants devront acquérir en fin de cycle.

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