Newsletter de décembre 2025
Ambiance 3/6 ans : vie de groupe : résolution de conflits et consentements dans la classe
Dans la classe et à l’école, c’est la “vraie vie” qui se joue : celle où parfois, les frustrations ou les déceptions peuvent engendrer de la colère, celle où la communication n’est pas toujours évidente, où l’intensité des amitiés ou des amours peuvent créer jalousie et rivalité ! Alors, comment faire pour apprendre à se comprendre, et sinon à s’aimer, au moins à se respecter ? Comment communiquer sans blesser l’autre, comment exprimer son émotion compliquée sans violence ?

Dès le plus jeune âge, nous accompagnons les enfants dans la découverte et l’identification des émotions et leurs conséquences. Nous les faisons réfléchir sur des questions philosophiques et relationnelles, en rebondissant sur des situations de tous les jours.
Et nous insistons, entre autres, sur deux notions importantes : la résolution de conflits et le consentement. Dans le premier cas, nous apprenons aux enfants à s’entraider lorsqu’un conflit apparaît (apprendre à s’écouter, à poser des mots sur l’émotion, à chercher une solution ou un compromis, à se poser comme médiateur) à l’aide d’outils et de discussions.
En cas de violence, nous leur rappelons qu’ils doivent “le dire avec des mots”, et nous les accompagnons à trouver les bons mots pour exprimer ce qui leur arrive. Au bout d’un certain temps, nous veillons à laisser les enfants se “débrouiller” sans sur-intervenir au moindre conflit. Nous sommes présents et disponibles pour venir les soutenir si besoin, mais nous avons confiance dans leur capacité à s’entendre.
Le consentement est l’autre notion très importante dans la classe : à l’aide de jeux de rôles, ou via des lectures et discussions, et surtout en l’appliquant tous les jours, nous apprenons aux enfants à respecter leur corps et leur espace personnel et celui de l’autre. “Est-ce que je peux te faire un câlin”, “tu peux te décaler je n’ai pas mon espace personnel” sont des phrases que l’on s’entraîne à dire.
Et surtout : respecter les mots magiques “non”, “arrête”, “stop” qui ne sont pas négociables. Non… c’est non ! Le consentement, ça fonctionne aussi dans la relation adulte-enfant. Nous les accompagnons à nous demander avant de venir s’asseoir sur nos genoux, par exemple. Et dans l’autre sens ? Et si nous réfléchissions à notre posture vis-à-vis des enfants ?
L’ambiance des 6/11 ans : l’école des Odyssées
Cette année, notre classe est inscrite au grand concours de l’école des Odyssées (saison 2 !). Notre mission : imaginer une histoire sonore – un podcast- avec toute la classe sur un personnage que nous choisissons tous ensemble ! Quelle aventure palpitante !
Ce personnage devra être réel, s’inscrire dans la grande Histoire et bien sûr ne pas avoir déjà fait l’objet d’une Odyssée.
Que d’idées fourmillent dans notre classe !! Il y en a pour tous les goûts mais ce qui a fait l’unanimité c’est le goût de l’aventure, la grande aventure. Sur ce point, tous les élèves sont d’accord, notre personnage devra avoir parcouru le monde et vécu des aventures folles, hors du commun, mais aussi peut-être (c’est encore en pourparlers 😉) avoir un lien avec notre école.
Eh oui, car nous sommes fiers de L’Envol !! Autant vous dire que les neurones chauffent en classe pour trouver la perle rare, le personnage qui nous fera vibrer, rêver et peut-être, qui sait, nous portera vers la victoire jusqu’au Studio de la Maison de la Radio à Paris !

Trouver le personnage, se renseigner sur une grande variété de supports, écrire son histoire à la fois palpitante et pleine d’humour et enfin enregistrer 1 min 30 à 2 min de notre podcast avec les voix, la musique et les bruitages… voilà de très beaux moments en perspective jusqu’à fin mars prochain.
Cette belle aventure a déjà fait pétiller nos yeux et nos oreilles, pas plus tard que le jeudi 18 décembre au matin, durant le Webinaire live avec Laure Grandbesançon (la voix des Odyssées !). C’était un temps de questions-réponses et nous avons eu la joie de voir sélectionner deux de nos questions auxquelles Laure a répondu en direct et a fait un grand coucou à notre école !!
Pour l’instant, le suspense reste entier mais nous vous tiendrons au courant de nos avancées !!!
Très belles vacances à tous et toutes ! Festoyez, régalez-vous, amusez-vous, reposez-vous et à l’année prochaine en pleine forme et la santé au beau fixe 🙂 !! »
Collège : de l’intérêt et des difficultés d’une classe multi-niveau
Au collège nous avons cette année une classe multi-niveau allant de la 6e à la 3e. Nous avons donc des élèves de 6e qui terminent l’acquisition du socle de compétences du cycle 3 et des élèves qui débutent l’acquisition des compétences du cycle 4 ; ce dernier cycle se terminant à la fin de la scolarité obligatoire en France, c’est à dire à la fin de la 3e. Voilà pour la simplicité bureaucratique du système !
Ainsi, il peut sembler complexe d’avoir à la fois des élèves du cycle 3 et d’autres du cycle 4 dans une même classe. Mais ce n’est pas nécessairement le cas, et ce, puisque notre approche pédagogique permet aux enfants d’évoluer et d’apprendre à leur rythme. Il serait absurde de considérer qu’une telle compétence serait trop avancée ou inaccessible à un élève, puisqu’il ne serait pas en « âge » de l’appréhender selon les programmes officiels pratiqués dans les établissements publics. Ou, au contraire, de croire qu’un élève doit absolument avoir acquis toutes les compétences du cycle 4 en 4e parce qu’il en a les capacités…

L’essentiel pour nous est de créer et de nourrir au quotidien l’envie naturelle de l’enfant d’apprendre, de connaître le monde qui l’entoure.
Nous naissons dans un monde dont nous ne connaissons rien, il est donc tout naturel de se poser des questions et de vouloir trouver des réponses ! Lorsque la curiosité est nourrie dès le plus jeune âge, l’enfant va naturellement prendre plaisir à apprendre et à découvrir la nature du réel.
Les neurosciences l’on démontré depuis longtemps, l’enfant qui ne ressent pas l’intérêt d’apprendre une notion, même s’il donne l’impression d’avoir compris, ne consolidera pas cette nouvelle connaissance, il l’oubliera assez rapidement.
En effet, il est normal pour un enfant (et pour un adulte) d’oublier et de réapprendre avant de réellement connaître, mais le cycle sera plus court s’il est intéressé, impliqué, actif dans son apprentissage !
Donc, dans une classe multi-niveau, et ceci peut être perçu comme une difficulté, il faut être en mesure de nourrir les différents appétits et aussi de s’adapter aux besoins et spécificités de chacun, ce qui vient avec son lot de défis pour nos enseignants ! De plus, les enfants aux profils atypiques ne pourront tous évoluer au même rythme en fonction des compétences travaillées ; l’enfant dysorthographique à souvent plus de difficulté en français qu’en science par exemple.
Concrètement, dans notre classe, les enfants sont régulièrement divisés en groupes de niveaux, indépendamment de l’âge effectif, mais en fonction des compétences réelles. Des supports différenciés sont utilisés pour travailler les compétences visées pour chaque groupe de niveau. Certaines compétences plus transversales peuvent être présentées en classe unique, l’enseignant doit donc savoir jongler entre les cours magistraux en groupe complet et en groupe de niveau, le travail en autonomie en groupe et individuel.
Et voici, le premier grand intérêt de la classe multi-niveau, au sein du groupe, chaque enfant à ses forces et ses difficultés et selon la matière il sera amené à aider ou à être aidé au sein du groupe de travail. Lorsqu’un enfant peut expliquer à un autre une notion, cela l’aide grandement à maîtriser cette dernière. Cela participe à son propre apprentissage autant qu’à celui du camarade et augmente au passage son estime de lui. De plus, l’élément de comparaison, souvent nocif, est moins présents entre les élèves. Ils perçoivent bien qu’ils n’ont pas tous les mêmes compétences en fonction de l’âge et de la matière, mais ils ne font pas exactement les mêmes exercices et les mêmes évaluations (qui ne sont d’ailleurs pas notées) et sont donc moins enclins à se comparer aux autres et ainsi à se sentir dévaluer par rapport à leurs pairs.
À court ou moyen terme, notre établissement sera amené à avoir deux classes multi-niveaux, soit l’une pour les enfants travaillant les compétences du socle commun habituellement appréhendées en 6e et 5e et l’autre pour ceux travaillant sur celles de la 4e et 3e, encore une fois indépendamment de l’âge effectif de l’enfant.
